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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 11:08



Quand on demande à l’enfant ce qu’il veut, il n’a aux lèvres que des réponses vagues…

Ce ne sont pas des métiers précis…

Il se contente de dire :

_ Chercher…

Elle, l’instit, cela n’a pas l’air de la satisfaire ! Elle veut du concret, des exemples, que l’enfant s’identifie…

En vain.

Alors, l’instit s’énerve et quand elle dit :

_ Chercher, c’est bien ! Encore faut-il trouver ce qu’on cherche…

L’enfant regarde dans le vide…

Sans faire attention aux sarcasmes de l’autre.

Ca ne s’explique pas.

Mais le petit cœur de l’enfant, tu t’en souviens, ce petit cœur tout barbouillé de rêves, pressent cela.

Déjà, tu aimes l’inconnu, les énigmes… dénouer des mystères.

Tu t’intéresses aux émissions à la télé qui présentent des évènements inexpliqués, paranormaux, tu aimes les romans policiers, aussi ! Et les tours de magie…

Mais pas la littérature, encore…

Tu commences à aimer les livres le jour ou tu comprends qu’ils défrichent des parties inexplorées de ta personnalité.

Tu aimes les livres.

Là, toutes ces choses embrouillées peuplant ton esprit prennent un sens, tu aimes les livres… passerelles vers ton goût prononcé pour l’inconnu.

Mais de là à vouloir être écrivain…

Pourtant, à bien y réfléchir ton catalyseur à toi, n’est pas un grand roman, ni un poète renommé mais une chanson :  Marche à l’ombre.

Si je devais entrer dans le débat sempiternel du classement des œuvres, ce qui serait bien arrogant, je le ferais selon l’échelle de valeurs suivantes : s’il y en a qui distraient, qui font sourire, qui nous attendrissent, auprès desquelles on s’évade et d’autres qui nous serrent la gorge, nous touche en profondeur et allument en nous le créateur qui sommeille.

Sommes-nous tous amenés à devenir artistes ?

Je ne saurais le dire.

Peut-être que ceux qui passent leur vie sans créer n’ont pas rencontré, au gré du hasard de leur existence, une œuvre suffisamment expressive, intimement liée à leur sensibilité pour vivifier soudain cet élan.

Je me demande si finalement ta vocation n’est pas simplement née de certaines dispositions qui flottaient vaguement dans ton être et qui si elle ne s’était pas manifestée à l’écoute de cette chanson, était amenée à voir le jour plus tard.

Certains parlent du destin, j’aurais envie quant à moi d’y voir des penchants, de parler d’un zigzag sur un supposé droit chemin, la capacité dans un contexte favorable de se trouver sur la bonne route et de faire le bon choix.

Le bon choix… Ni absolu, ni fataliste.

A rebours, c’est facile… de se justifier.

Les indices passés de ta vie, n’apparaissent plus comme des ombres chinoises… tu peux leur donner, à présent… une cohérence.

Je suis d’accord !

Merde !

Merde, aux biographes qui font, avec leur éloquence, le destin des grands hommes 

Merde aux grands hommes qui justifient encore leur destin par un élan mystique…

Je sais.

Tu ne seras jamais un bon guitariste, ni un chanteur de talent… Tu n’as pas ce qu’il faut pour ça, ni la force, ni l’envie sans doute, d’acquérir le charisme d’un artiste de scène.

Si tu as vu rapidement tes limites, c’est pourtant par-là que tu as commencé.

Tu écris des chansons.

A la manière de… Renaud, Brel, Gainsbourg.

La chanson… c’est pour l’instant, ton seul format d’expression.

Pourtant, déjà, tu manques d’air…

Tourne en rond à l’intérieur de cette forteresse stylistique où règnent brièveté, efficacité et concision. Tu as peur de te livrer, aussi, en direct… que les autres aperçoivent ton ressenti, ta sensibilité.

C’est étrange.

De remonter là bas, vers celui qui nous semble fou, vers ces actes désordonnés !

A 8 ans, alors que le père de ton petit voisin vient d’éteindre la lumière de la chambre ou vous couchez comme de vrais hommes, tête bêche, tu jures apercevoir une ombre tapie dans un coin de la pièce qui une fois la lumière rallumée, apparaît sous les trait d’une contrebasse.

A 10 ans, tu fais un caprice pour que ton père t’achète des cordes,  dans le grenier de grand-mère tu as dégoté une vielle basse. Il te les achète, mais malgré tes efforts, tu n’arrives à les fixer dessus. Tu abandonnes, facilement.

A 13 ans, ta mère te tire par le bras et t’emmène de force à la Maison de la Musique de la ville pour prendre un cours de guitare. Tu rechignes, tu pleures, tu ne supportes pas d’être forcé, tu te braques et n’y retournes plus.

A 14 ans tu maudis le professeur de musique qui vous accompagne à la guitare plaquant quelques accords, au gré des sifflements dissolus et stridents, des trente flûtes à bec.

Au sortir du collège tu ne supportes plus les musiciens et la musique en général.

Ce ne sont que des associations de moments de ton existence, mais je crois qu’il en va ainsi de nos passions, de notre goût pour un sport ou une discipline artistique.

La musique est entrée dans ta vie plusieurs fois, le contexte, ton âge, ont fait que tu lui a tourné le dos, elle est revenue, encore, te titiller et puis un jour en écoutant Renaud, en ressentant chaque parole, c’est plus fort que toi, tu t’y attelles. 

Peut-être qu’il en va ainsi des passions, tout est là autour de nous… Comme une voisine de pallier croisée des centaines de fois et qu’on n’a pas remarqué, pour la raison que notre cœur, jusqu’alors était occupé ailleurs.

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Published by Arthur Vertrou - dans Projections (roman)
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