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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 17:08



Au bout d’un certain temps il ne reste plus rien de celle, qu’elle devait être en vrai.

Simplement le rêve, le vécu, le rêve du vécu.

Les souvenirs déguisés, les songés aiguisés, elle est là quelque part sur terre mais elle te semble d’une autre contrée.

Le portrait véritable de Milena est un tableau volé un soir de cendres, tu ne contemples plus dans le musée de ta mémoire que les vagues reproductions. C’est vrai, l’image de loin lui ressemble, mais le style du maître n’y est pas.

Les événements passés s’emmêlent comme une pelote de laine, les sentiments se contredisent et se livrent, selon les heures du jour et de la nuit, une bataille féroce.

Parfois, tu laisses tout en désordre, comme sur une table après une soirée arrosée. D’autrefois, avant de te coucher, tu essayes  d’y mettre de l’ordre.

De trouver à tout prix une logique.

Il faut une logique !

Tout le monde veut comprendre !

Tu ressembles à ces badauds devant des œuvres contemporaines qui s’insurgent de la débilité de l’artiste. De celui qui ose leur présenter un tableau dénué de sens.

Cette soi-disant logique rassurerait ton cœur.

Ton être qui ne supporte pas de rester en suspend.

Il t’arrive de te résoudre à l’y laisser.

Tu deviens lyrique.

Il n’y aura pas comme dans les films à l’eau de rose de retournement de situation pour sauver les héros.

Il faut s’y faire.

Elle ne reviendra pas.

Mais ne t’inquiète pas ! Je ne te ferais pas mourir pour ça.

Il n’est plus de bon ton de pousser au suicide les héros romanesques.

C’’est même plus ridicule que tragique.

Je sais.

C’est cette absence de fin qui te torture.

L’espoir ingénu d’un coup de Trafalgar.

Cesse d’attendre.

Ton esprit sait tout ça.

Tu raisonnes,  tu cherches des preuves…

Tu en es là pour l’instant car trop faible encore face à tes sentiments.

Sans doute ne t’a t’elle pas fait souffrir assez, pour que tu renonces à elle complètement. Ou ne t’aie-tu pas assez mis en danger pour songer à sauver ta peau.

C’est si commun en définitive.

L’intelligence qui dit non… et le cœur où l’amour propre qui aboient.

Pourtant…

Il ne reste en toi  que l’image.

Son corps, son visage, la couleur de ses yeux, sa voix… rien… tu ne fixes désormais ta mémoire sur rien qui ne lui appartienne vraiment.

Son être est devenu cendres , pour laisser seulement l’idée que tu t’en fais à présent.

Tu ne te rends pas bien compte, c’est indéchiffrable…

Tu te trouves dans ce no man’s land étrange, entre la relation physiquement vécue et l’indifférence qui viendra un jour.

Dans cet endroit entre la fuite et la prise de conscience véritable qui engage inévitablement la disparition de l’attachement.

Pourtant…

C’est encore ton indécision, ta foi exacerbée dans les miracles qui t’empêchent de basculer dans la zone de l’indifférence.

Tu oscilles, mais tu n’as plus le choix, si ce n’est celui d’attendre.

Ce choix là... Milena l’a déjà fait.

Tu ne changeras pas le cours des choses, pas cette fois, vous êtes deux adultes maintenant.

Vous grandirez encore…

Vous ne vous verrez plus…

Vous serez différents.

Vous vous éloignerez l’un de l’autre, toujours un peu plus…

Tu sais tout ça mais tu y penses encore.

Tu sais tout ça… tu ne le ressens pas.

Tu aimes son absence, petit poète, tu aimes son absence, plus que sa présence !

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