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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 17:46

INNOCENTS - THE DREAMERS

 

Elle ne s’est jamais retrouvée seule.

 Depuis lui… Lui, son musicien...

Quand ses mains délicates vagabondaient le long de sa nuque, sur ses seins, des frissons parcouraient son corps nu tout entier.

Elle l’avait vraiment aimé, depuis longtemps, depuis toujours…

Elle n’avait jamais ressenti une telle attirance pour un autre homme.

Après lui donc, lors de soirées trop arrosées, par tristesse ou par vengeance, elle s’était offerte au premier venu : le cœur n’y était pas…

Pourtant…

Sous les caresses maladroites de ses amants d’un soir, elle se laissait aller, elle oubliait…

Quelle connerie !

Croyant assumer sa féminité, elle se pliait au dictat du corps, elle faisait de ses désirs une religion… laissant de côté la raison, obéissant à ses pulsions. Deux ou trois relations à la fois… nécessaires, selon elle, à son équilibre. Pff…

Elle sortait d’un lit pour en rejoindre un autre, elle allait et venait, se croyant libre comme l’air, disant à celles qui la jugeaient :

- C’est comme ça que je vis !

Elle n’avait plus une minute à elle, pour elle.

Sa vie était remplie de gens qu’elle croisait, de projets souvent inachevés, de livres à peine commencés...

 

Parfois, elle pense à lui, à leur première fois, elle le revoit, assis, à côté d’elle… à leur première fois…

Un sentiment bizarre l’envahit, elle se sent faible, elle fuit, comme en danger… 

Et alors, appelle un de ces types rencontrés en soirée…

 

Et elle égrène sa solitude, son mal de vivre  dans la foule…  Mais pour elle, toujours surgit au moment où elle s’y attend le moins, l’ombre qui la poursuit et qu’elle sème en vain.

 

Pourtant, ce matin là...

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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 17:43

1ilrmb.jpg

 

C’est la première fois qu’il part faire du camping en Ardèche.

Tout un week-end… sans ses parents !

Son père dans la voiture les taquine, son meilleur ami et lui.

Il leur raconte une virée, qu’il a faite en Espagne avec des copains : les galères en stop sous la pluie, sa première cigarette, les petites espagnoles…

 Une fois au camping, en embrassant son fils, le père lui dit :

- Ne faites pas trop les cons...

Et lui glissant dans la main une boite de préservatifs, il ajoute :

- Tu pourrais en avoir besoin.

Le père s’en va, les deux ados commencent à s’installer…

Ils montent leur tente à côté de la rivière, posent la guitare sur une pierre, le réchaud et les pâtes à l’ombre et les bières dans l’eau.

Livrés à eux-mêmes, ils sourient pour rien…

Les derniers rayons du soleil viennent réchauffer leurs torses glabres et nus.

Ils se sentent libres… ils sont bien.

Fièrement, ils regardent passer les jeunes filles encore accompagnées par leurs parents.

La première bière décapsulée… la première cigarette allumée…

Lui, muni de la guitare, joue un  Marche à l’ombre  énergique tandis qu’Alex, couché sur l’herbe, gribouille sur son cahier quelques phrases poétiques.

La musique… Il sent peu à peu sa vocation de musicien s’affermir.

Les bières s’amoncellent à côté de la tente, les deux amis discourent musique et révolution, les mots « liberté », « chansons » reviennent sur leurs lèvres comme un refrain jusqu’à ce qu’ils soient évincés par des préoccupations de leur âge.

La discussion glisse alors sur les filles, mais non point de façon vulgaire, comme au lycée.

Ils se surprennent à être sincères.

Ils sont heureux d’avoir parlé ainsi, pour la première fois de façon franche.

Ils sentent maintenant cette forte amitié qui les lie ; ce sentiment les envahit…

Une musique tintinnabule au loin.

C’est un air qu’ils connaissent par cœur…

Ils se lèvent en chœur et se dirigent au crépuscule vers le bar du camping.

Là, un vieux musicos de cinquante balais reprend de vieilles chansons françaises : Le plat pays, Les vieux amants, Les feuilles mortes, L’auvergnat

Alors, les deux adolescents crient sans hésiter :

- Du Renaud ! Du Renaud !

Au bout d’une heure, le musicien ne fait plus l’unanimité.

Ils se surprennent, de concert, à le critiquer… jusqu’à ce que leur attention  soit attirée par le banc d’à côté, sur lequel se trémoussent troisjeunes adolescentes.

Ils n’osent pas les aborder.

Ils se mettent debout, ils se bousculent, rigolent fort et faisant semblant d’aller aux toilettes, ils passent et repassent devant le banc.

Au bout de quelque temps, l’une d’entre elles, prétextant de leur piquer une cigarette, les aborde.

Après quelques mots échangés, le regardant lui,  droit dans les yeux, comme ça, sans préambule, elle dit :

   - Tu sais, ma sœur te trouve mignon…

Alex pouffe de rire…

Il  sent soudain sa gorge se serrer.

Il ne répond rien, il ne sait que répondre.

Son pote sourit nerveusement, la jeune fille lui chuchote quelque chose à l’oreille, tous deux s’éclipsent…

Il reste seul un court instant.

La soeur arrive…

Maintenant ils sont assis sur le banc comme deux inconnus…

Ils n’ont rien à se dire, leurs lèvres se rapprochent, ils s’embrassent.

Pourquoi ?

Ils ne le savent pas vraiment... la situation…

On leur a donné un rôle à jouer, ils le jouent.

Et puis, une fois que le corps a parlé, tout devient plus facile.

Subitement ils se comprennent, sans échanger un mot.

C’est drôle, c’est bien ce soir là qu’il sent pour la première fois que les êtres ont cette faculté de s’exprimer sans avoir rien à dire…

Main dans la main, ils rejoignent les autres…

Alex gratte sa guitare, les deux jeunes filles ne le quittent pas des yeux.

C’est une chanson de Brassens : Mourir pour des idées.

Les paroles lui semblent loin, très loin.

Une parole… ils s’éclipsent sous la tente.

Il fait noir.

Quelques instants...

Ils se mettent à explorer leurs corps…

Nulle parole, nul regard...

Les sens seuls parlent, protégés par l’obscurité.

Cette conversation tactile lui semble si précieuse qu’il n’en est jamais rassasié.

L’acte sexuel ne lui vient même pas à l’esprit, l’innocence lie leurs sens et les caresses instinctivement parsemées sur leurs corps vierges ont la saveur de l’inconnu.

Il ne le sait pas, mais ce sont des gestes qu’avec l’âge il oubliera.

La nuit est brève.

Les premiers rayons du soleil déjà éclairent leurs visages.

C’est l’heure du premier regard, de la première parole, il l’entend

murmurer :

- Je t’aime…

A ces mots, soudain, une sensation désagréable…

Ces mots, il ne les comprend pas…

 Comment pourrait-il les comprendre ?

Pourtant…

Un jour, bien plus tard, assis confortablement à la terrasse d’un café, jouant avec ses clés, en paix avec lui-même, il éprouvera pour une autre, pour Elle, ce que cette frêle adolescente avait sans doute ressenti pour lui…

 

Il comprendra.

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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 17:41

Jean-Charles de Castelbajac

 

Cest au cours d’un voyage scolaire en Italie.

Il s’en souviendra… toute sa vie, enfin… c’est ce qu’on dit.

L’adolescente s’appelle…

Elle est en troisième…

Lui en cinquième.

Pourquoi a-t-il fait ça ?

Pour la simple raison qu’on se moquait de lui !

Pourtant, lui, il s’imaginait que le premier baiser était dans une vie un acte important, qu’il fallait, pour l’accomplir, éprouver ce sentiment surnaturel qu’on appelle l’amour. Lui, il ne connaissait rien à l’amour.

Parfois, il se disait qu’il l’aimait, elle…

Il n’en était pas sûr.

Mais quand elle était près de lui, il se sentait bizarre, comme différent.

Mais elle ne lui avait rien demandé, elle ! C’était l’autre qui voulait sortir avec lui...

Comment déjà ? Constance… Clémence… Clarence…

Donc ce fameux soir, C* vient le voir, suivie par  une cohorte d’adolescentes, toutes excitées.

Tous deux timidement se dirigent vers un coin sombre, sans parler.

Ils restent face à face un long moment.

Brusquement, C* met les mains autour de son cou ; malhabile, il lui emprisonne la taille, leurs yeux se rencontrent, avant de se fermer…

Leurs langues s’enlacent.

Un peu plus loin, on entend des rires, des gloussements…

Le baiser dure longtemps.

Il ouvre les yeux de temps en temps, il ne sait pas s’il doit s’arrêter ou continuer…

Il commence même à avoir du mal à respirer, mais, satisfait, il pense :

- Ca y est, c’est fait !

Soudain, il songe, naïvement, qu’un monde meurt…

Il a l’impression d’être un grand, plus jamais il ne sera comme avant.

Ils s’embrassent encore deux ou trois fois, chaque baiser dure une éternité.

A la longue, il en a un peu marre de  faire tourner sa langue encore et encore, inlassablement, mais il ne dit rien, avant qu’un filet de bave vienne s’accumuler sous son palais et l’empêche de respirer.

Ils se séparent sans un mot.

Quand il rejoint ses copains, ils trépignent, lui donnent l’accolade dans le dos, ils sont fiers de lui, peut-être même un peu jaloux…

C’est bizarre… comme s’il avait accompli un exploit surhumain.

Il joue son rôle, plaisante avec eux, leur donne de faux détails et d’autres indiscrets.

Et finit par  conclure que l’autre, C*, ne sait pas embrasser…

  

Quand il s’éloigne de son groupe d’amis, il croise tout à coup le regard de celle qu’il croyait aimer.

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 17:40

Martine Fugue

 

Elle a tout prévu.

Elle a fait son sac en douce avant de se coucher.

Après le repas, elle s’est levée à pas de loup, pour chiper dans le frigo une part de pizza, deux pommes… et, bien sûr, une tablette de chocolat.

Un bond…

Elle saute du lit pour tout revérifier une dernière fois.

Trois culottes, trois paires de chaussettes, une jupe, un jeans, une carte de France, une lampe, un couteau suisse… et, bien sûr, sa petite trousse de maquillage.

Elle aurait dû prendre un pull, mais dans la rue, quand on est trop chargé, on éveille l’attention…

Elle n’a pas de projets précis…

La route…comme Kérouac…

La bohème… Comme Rimbaud !

Elle s’imagine la réaction de ses parents…

ça sera bien fait pour leur gueule, surtout pour celle de son vieux !

C’est vrai qu’elle va regretter sa chambre, ses poupées, son Clowny… ses cassettes… 

L’heure tourne…

Elle commence à lutter pour ne pas s’endormir.

Elle a prévu de partir à l’aube.

Elle se récite un court passage d’un poème « Demain dès l’aube… »

Prendre un train au hasard…

Elle a assez d’argent pour vivre une semaine dans une auberge de jeunesse...

Mais après ? Soudain elle doute !

Pour la première fois, elle se pose un tas de questions...

Si la police la cherche… si elle tombe sur des mecs louches…

Pour ça, elle a son couteau…

Trop tard pour reculer !

Le sommeil l’enlace peu à peu… elle ferme les yeux…

Tout à coup elle les ouvre !

Affolée…

Sept heures ! Des bruits de pas dans l’escalier.

On frappe à sa porte…

Son père… qui vient comme d’habitude la tirer du lit.

Elle se tapit sous ses couvertures… grogne ! Tant pis…

 

En se levant ce matin là, elle se jure, « croix de bois, croix de fer »… que la nuit prochaine sera la bonne !

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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 17:36

sil-nv 0022

 

A la ferme, elle ne s’ennuie pas.

Elle se lève très tôt, comme les jours d’école, mais plus en forme.

Elle déjeune près du fourneau d’un grand bol de lait chaud quand son papy a fini de traire les vaches.

Ensuite, elle va à l’écurie pour donner du fourrage aux lapins.

Parfois elle en prend un dans ses petites mains, le caresse longtemps, avant de le reposer toute triste dans son  clapier …

Une fois dans le poulailler, elle s’avance très doucement…  sans bruit, à pas de loup, pour surprendre une poule en train de pondre l’œuf.

Elle connait par cœur toutes leurs cachettes et dans son panier en osier, un à un, délicatement, elle dépose les œufs.

Vers onze heures, mamy l’appelle…

Le cahier de vacances.

Distraitement, elle fait ses devoirs tout en pensant qu’elle ira voir, après, sans rien dire, parce que c’est dangereux, l’essaim d’abeilles niché entre la vitre et la fenêtre du grenier.

A midi, grand-père se fait attendre et comme d’habitude grand-mère ronchonne :

- On ne sait pas où il passe celui-là…

Au milieu du repas, on entend toujours un bruit de moteur, sauf les dimanches...

Elle saute de sa chaise, court jusqu’à la boîte…chaque jour elle reçoit des nouvelles de ses parents…

L’après-midi, quand elle n’a rien à faire, elle aide sa grand-mère à éplucher les patates, ou à faire une tarte aux pommes.

D’autres fois, elle va voir ses tantes qui lui apprennent à jouer aux cartes, qui l’emmènent dans la forêt chercher des myrtilles et des framboises.

Certains jours, de mèche avec son grand-père, elle monte sur le tracteur et l’accompagne faner le foin dans les champs alentour.

Ils reviennent avant la nuit.

Le soir, elle est fatiguée... plus que les jours d’école.

Elle s’assoit à côté de la cheminée, un livre dans les mains, les pieds au chaud et écoute les adultes parler.

- Elle ne s’ennuie pas trop, la petite ? demande une tante.

- Oh ! Vous savez qu’elle aime  venir ici ! Quand on ne sera plus là, ma pauvre, ses parents ne viendront plus mais je vous assure que la petite, elle, elle y viendra…

Elle ne dit rien, la petite.

Plus tard, adolescente, elle comprendra cette phrase d’un livre :   

 

Les lieux de l’enfance sont des temples sacrés

Qui, quand on y revient, nous livrent leurs secrets.

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 18:15



Modigliani.jpg

J’aimais un écrivain

Et j’ai perdu mes nuits

A me pencher sur lui.

 

A rêver en silence le cœur dans la lune

Bercée par sa plume qui courrait en cadence.

 

Je conservais comme un trésor

Tous les mots doux qu’il m’envoyait

Qui comptaient plus que des bijoux

Mais je voyais d’un air jaloux

Cette fille en papier

Que je semblais être pour lui,

Etre pour lui.

 

J’aimais un musicien

Et j’ai perdu mes nuits

A me pencher sur lui.

 

A rêver en musique le cœur dans la lune

Balancée par des sons qui courraient en cadence.

 

Je conservais comme un trésor

Toutes les fugues qu’il m’offrait 

Qui comptaient plus que des mots doux

Mais j’écoutais d’un air jaloux

Cette fille en portée

Que je semblais être pour lui

Etre pour lui.

 

J’aimais un peintre aussi

Et j’ai perdu mes nuits

A me pencher sur lui.

 

A rêver d’aquarelles le cœur dans la lune

Tourmentée de couleurs qui couraient en cadence.

 

Je conservais comme un trésor

Les croquis coquins qu’il m’offrait

Qui comptaient plus que des froufrous

Mais je voyais d’un air jaloux

Cette fille figée

Que je semblais être pour lui,

Pour lui.

 

Je les ai tous aimé

Et j’ai perdu mes nuits

A me pencher sur eux.

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 18:03

Egon_Schiele.jpg

 

 

Mes yeux étaient plus noirs que leurs plus sombres nuits

Et mes jambes plus douces que leurs draps de soie

Quand mes doigts sur leur front épongeaient la sueur

Mes lèvres apaisaient leurs élans destructeurs.

 

C’est vrai qu’ils m’aimaient pour mon corps,

Et puis après

A chaque étreinte

Je sentais sur mon sein

Battre leur cœur en rythme avec le mien.

 

Sur l’oreiller chacun me confiaient ses rêves

Ils s’oubliaient comme le bateau sur la grève

Après l’amour pourtant ils avaient l’air si triste

Que l’enfant qu’ils étaient laissait place à l’artiste.

 

C’est vrai qu’ils m’aimaient pour mon corps

Et puis après,

A chaque étreinte

Je sentais sur mon sein

Battre leur cœur en rythme avec le mien.

.

Nos vies étaient liées par une chose étrange

Comme l’est le pinceau avec le chevalet

La plume à l’encrier, le violon à l’archet

Comme l’est l’éphémère avec l’éternité.

 

C’est vrai qu’ils m’aimaient pour mon corps

Et puis après,

A chaque étreinte

Je sentais sur mon sein

Battre leur cœur en rythme avec le mien.

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 18:00


munch.jpg



Hélas ! Quand est venu l’automne de ma vie

Il ne me restait plus qu’une mince illusion

Pour éveiller  ce corps et ce cœur endormis :

Frêles témoins de mes anciennes passions.

 

Etant jeune autrefois j’avais couru après

Le grand Amour et par trois fois j’avais aimé,

A perdre haleine par trois fois j’avais pleuré

Je confondais rires et larmes désormais.

 

La nuit au plus profond de moi un vide immense

Peu à peu insidieusement m’envahissait

Etrangement seule j’entendais le passé

Bavard me parler à voix basse sans nuances.

 

Il me semblait que l’art pourrait cicatriser

Ces fantômes confus qui en moi grandissaient

Je voulais créer pour enfin exorciser

Ces êtres fantastiques qui m’apparaissaient.

 

De timides sanglots comprimaient ma poitrine

Où mes amours d’alors venaient se reposer

Naïve je voulais sur le papier poser

Ces mots miroirs de mes sensations orphelines.

 

Pourtant je pensais que je ne saurais écrire,

Ni peindre à peine savais-je chanter

Il est cruel pour un être de pouvoir dire

Aux autres ce que son cœur chuchote en secret.

 

Hélas quand est venu l’automne de ma vie

Mes souvenirs étaient condamnés à l’oubli

Ma jeunesse mourrait doucement en silence

Petite fleur perdue dans un jardin de ronces.

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 17:00
picasso3.jpg

 

 

 

Dans la nuit froide aux vagues souvenirs

Je ranime parfois mes vieux démons

Mes amours pourraient ils s’évanouir

Et m’arracher à ce sombre limon ?

 

Mes romances anciennes semblent lâches,

Mes réminiscences ont ce parfum

Des tableaux d’autrefois peint à la gouache

D’où s’exhale un monde pour moi défunt.

 

Quand cette étrange musique s’élève

Parmi les ombres du passé désertes

Que reste t-il à peine un triste rêve,

De ce temps où la vie m’était offerte.

 

Il me reste bien de beaux vers aux lèvres,

Ces mots fanés murmurés en silence

Apaisent souvent mes paupières mièvres

Qui s’emballent quand mon cœur dit prudence.

 

Mais mon coeur un jour aura oublié

Les heures grises, les folies, les pleurs,

Et la nuit et ceux qui l’ont fait plié

Alors il s’ouvrira comme une fleur.

 

Sous les doigts délicats d’un promeneur

Je dirai pourrai-je aimer à nouveau

Et pourrai-je encore croire au bonheur,

Aux rires frères aînés des sanglots ?

 

Dans la nuit froide aux vagues souvenirs

Je ranime parfois mes vieux démons

Mes amours pourraient ils s’évanouir

Et m’arracher à ce sombre limon ?

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 18:00


   Sous les lustres brillants, les filettes riantes tournent, sautillent en suivant attentivement les conseils de leur professeur.

   Leurs petits souliers beiges, leurs tutus blancs comme la neige donnent à leur taille de guêpe

une allure aérienne. Leur corps ressemble à une longue tige, leur chevelure bouton d’or, irisée par un rayon de soleil scintille dans la pièce et ces dix petits cœurs battant innocemment

s’harmonisent ensemble à la mélancolique mélodie.

   Il semble qu’elles n’ont rien à l’esprit sinon ces sentiments désordonnés qui peu à peu les envahissent. Soudain ! l’harmonie se dissout, elles ne dansent plus ensemble, chaque individualité s’exprime et cet assortiment de mouvements, loin d’être incohérent, vient à former un tout.

   Pour la première fois, chacune sent monter en elle des émotions confuses. Certaines les refusent, pour suivre avec raison les leçons de leur professeur.

 

   D’autres avec douceur vont au plus profond de leur cœur chercher des gestes inconnus qui agacent le professeur.

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