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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 10:21



Tu sais…

Vos destinées resteront indécises aussi longtemps qu’entre vous rien n’aura été dit.

Mais il faut te convaincre que tout ce qui fait le romanesque n’a pas droit de cité dans votre histoire.

Ne t’attend pas à un rebondissement spectaculaire !

Tout est là désormais, en vous…

Si tu ne laisses rien sortir…

Peu à peu ça disparaîtra.

Ensuite…  cela commencera à te ronger, tu projetteras mille et une illusions, et tu finiras par la détester.

C’est con !

Tu y penses moins…

Mais tu reviens vers elle les soirs où ton existence a cet impérieux besoin de combler le vide, de trouver un sens… quand tu as un peu froid… que tu es seul sous tes draps…

Bien sûr que tu rencontreras celle qui lui ressemble, mais rien ne sera réglé pour autant !

Rien ne s’oublie vraiment, c’est dur de se guérir, c’est comme l’alcool !

Ca revient toujours, un jour ou l’autre.

C’est vrai, ça s’atténuera !

Mais elle sera toujours en toi…

Que voudrais-tu lui dire ?

Que souhaites-tu régler ?

Pour qu’elle puisse enfin s’assoir quelque part… avec les autres dans un coin de ta mémoire !

Tu sais, plus tard, quand s’en sera presque fini des sentiments, tu voudras qu’elle soit fière de toi !

Et puis tu n’en auras plus rien à foutre.

Déjà… tu auras oublié sa voix, son odeur, son visage, et elle trop fluette ne pourra même pas justifier à tes yeux celui que tu es devenu sans elle.

Ce sera terminé.

Elle ne verra jamais ce que tes yeux apercevront de plus sensible, elle ne vivra pas  ces moments rares ou tu suivras fixement le chemin qui mène à toi-même…

Tu es déjà triste à cette idée…

Mais tu n’en es pas là.

Pour l’instant…

Elle te semble unique, elle te semble la seule qui te comprend.

Tu imagines à peine ta vie sans elle.

Tu crois qu’elle t’a rendu meilleur ?

C’est pour cette raison que tu t’attaches à elle ?

C’est cela que tu lui reproches ?

Regarde…

Mais regarde,  comme en parler te permet de faire le ménage.

C’est comme  écrire…

Rêver !

Etre physiquement quelque part et projeter son esprit ailleurs.

Les pensées maraudent un espace distant, une époque consommée ou en devenir.

Tu t’égares, ressent, rapièce, ravive tout ça.

Et puis tu le ratures pour soudain te projeter en avant, timidement…

Tu imagines ta vie sans elle, avec une autre…

Tout t’est permis.

Rêve la différente de Milena, pour l’être, toi aussi.

Tu as raison…

Mais j’y reviens, encore, c’est important.

Il faut d’abord saisir la fugitive.

Bien sûr avec tes mots ! Les miens… ceux des autres, aussi.

Sans vouloir débusquer la vérité !

Les êtres sont changeants… mais il est essentiel, pour toi, maintenant, d’avoir de Milena une photographie satisfaisante.

Quel est ton premier souvenir ?

Comme ça, sans réfléchir…

Une soirée…

Dans un bar ? D’accord… Milena que fait-elle ? Elle est au bras de son copain. Tu le connais ? D’accord. Et puis ? Elle ne pipe mot. Si… elle parle. Mais… tu n’entends pas sa voix. Pourquoi ? La musique. Milena parle doucement. Son cou ? Tu regardes son cou sur lequel brille un petit médaillon, elle sourit. A qui ? A toi. Tu la trouves jolie.

Tu ne vois pas son corps, juste son minois.

Elle a l’air… Chiante !

Comment ça ? Elle tire le bras de son copain, pour qu’il se décale… elle n’a pas de place… elle veut une cigarette. Son visage se déforme un peu… il semble être la seule partie de son corps capable de s’exprimer… son buste est, lui, immobile, il écoute en silence, respectueusement, cette tête d’enfant et s’étonne de lui appartenir.

Quoi d’autre ?

Elle est assise dans son coin et ses grands yeux suivent la conversation, elle n’intervient pas. Soudain elle dit quelque chose, tu n’entends pas.

Tu ne distingues pas ses seins sous son gilet.

Milena fuit comme la lèpre les tenues moulantes, les jupes qui auraient l’audace de faire mordiller ses jambes par le soleil et les méchants débardeurs pervers qui, malheur à eux, laisseraient à l’air libre son nombril.

Mais déjà elle se lève et s’en va dans la nuit.

Tu ne t’es même pas aperçu qu’elle est partie.

Tu la verras souvent sans qu’elle n’existe…

Tu la verras souvent avant qu’elle ne devienne pleinement Milena.

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Published by Arthur Vertrou - dans Projections (roman)
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