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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 10:34



Mais avant de parler de Milena, voilà qu’il te faut vomir l’âge bête, t’en extirper !

Aller plus loin…

Recracher !

Tout ce qui peu à peu t’a grignoté ces dernières années, la rancœur, l’illusion.

Tes potes, aussi…

Il n’y a pas si longtemps…

Tu ne fais rien sans eux.

Tu n’avances une idée qu’à condition qu’elle soit validée par la troupe.

Le groupe !

Cette entité étrange qui crée et détruit les valeurs, qui t’insuffle une manière de t’habiller, te met dans les oreilles telle ou telle musique, vient jusque dans ton cœur te chuchoter quel genre de fille tu dois aimer.

C’est l’époque des cheveux longs et des chants libertaires, des idées lancées sur la table africaine…

Des soirs d’ivresse !

C’est l’époque du tout ou rien et de 1984…

Des rebellions de bas étage ! Orchestrées par Arthur, Jim, Bob, Georges, John, Jimmy et Serge...

Tous ces types croyant cracher à la gueule d’une société qui roupille !

Vos vies, à vous les jeunes sont monotones….

Vous avez tous tant d’énergie à gaspiller, qu’il faut bien torturer vos corps le samedi soir !

N’aie pas honte de ta jeunesse !

Le passé ne reflète en rien celui que tu es aujourd’hui !

Il n’est que le brouillon de l’homme que tu deviendras demain.

Fais en le deuil, de ces 20 ans atroces.

Tu aurais pu mourir là bas, je sais.  Et souvent tu t’étonnes d’être arrivé ici.

Ecoute !

Tu n’as rien fait d’irréparable, c’est ce qui compte !

Et puis…

C’est l’apanage de tous les êtres un peu fragiles que de bâtir un petit nid douillet, pour leur mal de vivre.

Tous tes amis souffrent aussi.

Ils ne parlent vraiment que sous alcool, sans ça ils restent taciturnes, disent de mauvaises banalités en se cachant le visage.

Vous restez toujours entre vous !

Vous ôtez le masque autour d’une bouteille de vodka et soufflez vos renoncements dans un effluve de cannabis.

Réfléchis-y maintenant !

Tu es là entouré de tes sosies difformes !

Ta bande de potes…

Sacrée !

Ta bande avec ses codes.  Différente des autres à peu d’égard…

Aucun de tes amis ne semble vraiment épanoui, aucun n’a vraiment de lien social avec l’extérieur, la réussite professionnelle n’est pas une valeur et vos visages souriants ne sont que des déguisements...

Avec vos airs virils vous semblez tous des amputés du cœur, l’alcool, vous rend à fleur de peau.

Vous comprimez tous ça, en vain !

Vous n’avez en commun que peu de choses, au fond !

Des délires absurdes, la défonce… la musique, voilà la trinité !

Les filles ? Les filles. Les filles…

Entre rêve et réalité !

Elles animent vos discussions, vous n’en voyez que rarement. 

Vous méprisez l’idée du couple ! Vous cherchez de l’exceptionnel !

Vous méprisez les filles sûres d’elles, épanouies, qui vous tiennent têtes.

Vous aimez les filles tristes, mal dans leur peau, artistes sur les bords, les larves à l’intérieur desquelles vous projetez un papillon. 

Les autres types qui ne font pas partie de votre bande vous agacent.

Les trop sérieux, les carriéristes, ceux qui ne fument pas, ne boivent pas, n’aiment pas la chanson française…

Vous reniez les valeurs de la société, vous projetez de la changer plutôt que de vous y fondre. Vous semblez vivre dans un monde renversé !

 Je vous revois écoutant religieusement une chanson composée par l’un d’entre vous…

Je vous entends encore chanter à gorge déployée des airs bréliens, crachant quelques paroles mauvaises sur les femmes…

Les femmes… décidément elles ne vous comprennent pas !

Les quelques filles que vous connaissez vous les étouffez, elles n’ont dans votre groupe que la place de faire valoir, et semblent des potiches dans ces colloques alcoolisés.

Les filles vous effraient !

Elles mettent en danger ce petit monde.

Vous ne les connaissez en sommes qu’à travers des chansons.

Les filles que vous côtoyez ne vous satisfont pas. Elles sont toujours en dessous de celles que vous idéalisez, femmes fantômes peuplant les recueils romantiques. 

Vous aimez les garçonnes un peu artistes, jurant, crachant, buvant autant que vous, roulant des joints…

Les filles fluettes, habillées à la root’s avec un visage angélique.
Les autres… étudiantes assidues : trop gentilles, trop dans le coup, trop ci, trop ça pour être à votre goût… Pourtant, une fois ivre ça n’a plus tellement d’importance !

Ne renies rien, porte celui que tu étais !

Ce fut ainsi, tu grandissais…

Ceux que tu as croisé tout au long du chemin t’ont construit doucement…

Chacun esquissant un morceau de toi-même.

Tu as compris, à force d’expérience que ta vie n’était pas là.

Tu as couru, tu t’es enfui, tu as aimé et tu es tombé dans des trous…

L’alcool, les rêves, souvent déboussolé, tu as fait ce qu’il faut, à ta manière, pour te trouver.

L’âge fragile…

Ta vie… laboratoire d’expériences, au diable les idées !

Et comme moi tu sais qu’il n’y a pas de vérité.

Non ! Tu n’as pas perdu ton temps, tu t’es détruit pour te créer !

Va, encore, à contre sens !

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Published by Arthur Vertrou - dans Projections (roman)
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commentaires

la ventouze 21/08/2009 12:09

c'est clair man, t'as trop raison !
ah ah... ça fait plaisir de voir des mots sur tout ça !
bon demain ya barbeq chez grand Y. tu comptes y aller ou c'est toujours 2 alpes ?

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