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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 19:28

 

 

 

 

J’étais un peintre hâtif,

Vaniteux et vindicatif,

Mes doigts tremblaient atrocement

Et je saisissais ça et là

Au foie de mes folies

Des morceaux de dégoût.

 

Les amoureux me paraissaient comiques,

Je ne comprenais rien à leurs mimiques,

Comme des automates,

Ils allaient toujours deux par deux

En se traînant la main

Et n’avaient qu’un seul cœur pour quatre mains. 

 

Ce fut ainsi.

 

Je grandissais,

Enfin… je m’aigrissais.

 

Peu à peu le tableau des vies

Que j’illustrais

Prenait forme, se dessinait,

Allait s’illuminant, s’enluminant,

Devenait flou…

 

Elle enfuit, je me senti floué.

 

Mon langage stérile

Rebondissait au sol,

J’avais des satisfactions puériles…

 

Et quel écart entre mes poèmes et la réalité !

 

Parfois, je me rêvais viril,

Barbare, sans conscience.

Je raillais la morale

Bouffonne, transparente,

Transpirant au front

De ces êtres étroits qui m’entouraient.

 

Reconnaîtrai-je un jour mon ignorance ?

 

Souvent, je vomissais l’admiration

Qu’ elle vouait aux paysages grotesques,

Aux fielleux couchers de soleils,

J’aimais la nuit.

La nuit, le silence,

J’engloutissais avidement

Les romans maniérés, les proses exotiques,

Je frappais à la porte

De toutes les écoles,

Hélas ! Toujours les mêmes femmes :

Empiriques, meurtrières, capricieuses,

Pleurnicheuses, voraces, insatiables…

Toujours les mêmes hommes :

Faibles, timides, esclaves, incompris…

 

Alors, le jour, je ne parlais plus d’art,

Avec qui aurais-je parlé ?

Non ! Ce qu’ils trouvaient tous beau

Je le raturais frénétique ;

Et, bien des fois, je vous ai confondu.

 

Je me suis fendu de sourires,

Souvent,

Mais, mes sourires

Avaient une tonalité

Malingre et entendue,

Une froideur dissimulée,

 

On ne voulut pas m’approcher.

 

J’ai essayé de vivre seul,

Mais, le soir babillard

Infusait à mon corps

Des besoins obsédants,

Des soubresauts d’alcool,

Des pulsions répulsives.

 

Je me mis à peindre de singuliers tableaux :

Les mouches,

Le cœur au bord des lèvres,

Que je crève…

Je me mis à aimer

Les êtres larvesques, difformes, infâmes, infirmes,

A la figure gribouillée

Dans le bouillon de la vie redondante.

 

Sarcastique,

Exhaustif,

Pulsionnaire,

Je me baignais dans mon malheur,

Et je riais à langue déployée

De leurs amours bâtards,

De leurs serments, de leur tendresse,

Partout, dans chaque étreinte

J’ai vu de la faiblesse.

 

Non ! Jamais je n’ai su être comme eux,

Jamais je n’ai su être heureux.

 

Que je sois dégraissé

A l’heure de l’autodafé !

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Published by Yiannis Lhermet - dans Autodafé
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commentaires

Les Tisseurs d'Ombre 13/05/2009 23:46

Un truc improbable s'est passé sur ces mots, j'ai lâché une larme, venue de je ne sais où...
-j'ai vérifié, c'est pas l'écran qui m'arrache les yeux-
Je découvre ces pages par hasard, et je regrette pas le déplacement.
Donc simplement merci pour ce partage,
Lola des Tisseurs

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