Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 18:03

Egon_Schiele.jpg

 

 

Mes yeux étaient plus noirs que leurs plus sombres nuits

Et mes jambes plus douces que leurs draps de soie

Quand mes doigts sur leur front épongeaient la sueur

Mes lèvres apaisaient leurs élans destructeurs.

 

C’est vrai qu’ils m’aimaient pour mon corps,

Et puis après

A chaque étreinte

Je sentais sur mon sein

Battre leur cœur en rythme avec le mien.

 

Sur l’oreiller chacun me confiaient ses rêves

Ils s’oubliaient comme le bateau sur la grève

Après l’amour pourtant ils avaient l’air si triste

Que l’enfant qu’ils étaient laissait place à l’artiste.

 

C’est vrai qu’ils m’aimaient pour mon corps

Et puis après,

A chaque étreinte

Je sentais sur mon sein

Battre leur cœur en rythme avec le mien.

.

Nos vies étaient liées par une chose étrange

Comme l’est le pinceau avec le chevalet

La plume à l’encrier, le violon à l’archet

Comme l’est l’éphémère avec l’éternité.

 

C’est vrai qu’ils m’aimaient pour mon corps

Et puis après,

A chaque étreinte

Je sentais sur mon sein

Battre leur cœur en rythme avec le mien.

Par Yiannis Lhermet et Schiele - Publié dans : Musiques
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Mardi 27 avril 2010 2 27 /04 /Avr /2010 18:00


munch.jpg



Hélas ! Quand est venu l’automne de ma vie

Il ne me restait plus qu’une mince illusion

Pour éveiller  ce corps et ce cœur endormis :

Frêles témoins de mes anciennes passions.

 

Etant jeune autrefois j’avais couru après

Le grand Amour et par trois fois j’avais aimé,

A perdre haleine par trois fois j’avais pleuré

Je confondais rires et larmes désormais.

 

La nuit au plus profond de moi un vide immense

Peu à peu insidieusement m’envahissait

Etrangement seule j’entendais le passé

Bavard me parler à voix basse sans nuances.

 

Il me semblait que l’art pourrait cicatriser

Ces fantômes confus qui en moi grandissaient

Je voulais créer pour enfin exorciser

Ces êtres fantastiques qui m’apparaissaient.

 

De timides sanglots comprimaient ma poitrine

Où mes amours d’alors venaient se reposer

Naïve je voulais sur le papier poser

Ces mots miroirs de mes sensations orphelines.

 

Pourtant je pensais que je ne saurais écrire,

Ni peindre à peine savais-je chanter

Il est cruel pour un être de pouvoir dire

Aux autres ce que son cœur chuchote en secret.

 

Hélas quand est venu l’automne de ma vie

Mes souvenirs étaient condamnés à l’oubli

Ma jeunesse mourrait doucement en silence

Petite fleur perdue dans un jardin de ronces.

Par Yiannis Lhermet et tableau de Munch - Publié dans : Musiques - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 17:00
picasso3.jpg

 

 

 

Dans la nuit froide aux vagues souvenirs

Je ranime parfois mes vieux démons

Mes amours pourraient ils s’évanouir

Et m’arracher à ce sombre limon ?

 

Mes romances anciennes semblent lâches,

Mes réminiscences ont ce parfum

Des tableaux d’autrefois peint à la gouache

D’où s’exhale un monde pour moi défunt.

 

Quand cette étrange musique s’élève

Parmi les ombres du passé désertes

Que reste t-il à peine un triste rêve,

De ce temps où la vie m’était offerte.

 

Il me reste bien de beaux vers aux lèvres,

Ces mots fanés murmurés en silence

Apaisent souvent mes paupières mièvres

Qui s’emballent quand mon cœur dit prudence.

 

Mais mon coeur un jour aura oublié

Les heures grises, les folies, les pleurs,

Et la nuit et ceux qui l’ont fait plié

Alors il s’ouvrira comme une fleur.

 

Sous les doigts délicats d’un promeneur

Je dirai pourrai-je aimer à nouveau

Et pourrai-je encore croire au bonheur,

Aux rires frères aînés des sanglots ?

 

Dans la nuit froide aux vagues souvenirs

Je ranime parfois mes vieux démons

Mes amours pourraient ils s’évanouir

Et m’arracher à ce sombre limon ?

Par Yiannis Lhermet et tableau de Picasso - Publié dans : Musiques - Communauté : le rêve, l'art et l'écriture..
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Dimanche 18 avril 2010 7 18 /04 /Avr /2010 18:00


   Sous les lustres brillants, les filettes riantes tournent, sautillent en suivant attentivement les conseils de leur professeur.

   Leurs petits souliers beiges, leurs tutus blancs comme la neige donnent à leur taille de guêpe

une allure aérienne. Leur corps ressemble à une longue tige, leur chevelure bouton d’or, irisée par un rayon de soleil scintille dans la pièce et ces dix petits cœurs battant innocemment

s’harmonisent ensemble à la mélancolique mélodie.

   Il semble qu’elles n’ont rien à l’esprit sinon ces sentiments désordonnés qui peu à peu les envahissent. Soudain ! l’harmonie se dissout, elles ne dansent plus ensemble, chaque individualité s’exprime et cet assortiment de mouvements, loin d’être incohérent, vient à former un tout.

   Pour la première fois, chacune sent monter en elle des émotions confuses. Certaines les refusent, pour suivre avec raison les leçons de leur professeur.

 

   D’autres avec douceur vont au plus profond de leur cœur chercher des gestes inconnus qui agacent le professeur.

Par Yiannis Lhermet - Publié dans : Silhouettes - Communauté : le rêve, l'art et l'écriture..
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Dimanche 11 avril 2010 7 11 /04 /Avr /2010 18:00


  Ce samedi, il neige. Quand Estelle ouvre ses volets, le cœur battant, de petits flocons blancs dansent dans l’air. Elle tend le bras et un à un ils se déposent sur sa main avant de disparaître…

   Elle sourit...pense à cette après-midi...que va-t-elle pouvoir mettre ? Soudain elle commence à angoisser et comme une furie, se dirige vers son armoire.

   Tout en tortillant ses cheveux, elle réfléchit à haute voix :

   - Mon jeans bleu ou mon pantalon noir ? Ma jupe à fleurs ? ça fait un peu gamine…Ou alors ma robe rouge ? Maman ! où t’as foutu ma robe…au lavage ? Maman !

   Si je mets mon pantalon noir, je peux pas mettre mon petit haut marron…le blanc ? Mais on verra mon soutien-gorge…après tout il faut ce qu’il faut…Et si j’empruntais le débardeur de Myriam ?

   - Allô, Myriam…Oui, c’est moi ! non…quoi tu veux le mettre ? Non…D’accord. Je vais bien trouver quelque chose…t’en fais pas, ouais, allez, salut.

   Quelle pétasse ! J’en étais sûre.

   - Maman ! Il faut absolument que tu repasses ma robe rouge.

   - Bon, allez... sous-vêtements noirs...femme fatale ou blancs...jeune fille pure ? Que préférera-t-il, Jérôme ? Et puis viendra-t-il au moins…Faut que j’appelle Clarisse.

   - Oui c’est moi, t’as des nouvelles de Jérôme ? Quoi ? il est pas sûr…alors, ça sert à quoi que je me casse le cul à me fringuer pour lui…Non ! je stresse pas…d’accord tu m’envoies un texto quand t’as de ses nouvelles.

   - Maman, elle est prête ma robe ?

   Estelle s’étend sur son lit, rêveuse. Elle songe à cette après-midi. Elle tresse dans son esprit une stratégie.

   Il faut que je sois sexy comme jamais. Que je joue avec lui, mais pas trop, comment déjà ? Ah ! oui, disponible et détachée. Puis il faut que je le flatte, les garçons aiment bien ça, il faut qu’il se sente en confiance.

   Elle s’invente des dialogues :

   - J’aime bien ta chemise... tu sais je t’ai vu jouer au foot et t’es drôlement fort. Quoi ? Oui, je veux bien une bière…tu es gentil, merci.   Elle s’imagine dansant avec lui, lui chuchotant à l’oreille :

   - J’adore cette chanson…

   Posant sa tête contre son cou, laissant sa main vagabonder sur ses hanches et peut-être même sur ses fesses. Puis remontant ses mains dans ses cheveux, sentant son parfum d’homme…

   - Quel goût a sa bouche ? Sait-il embrasser...est-il tendre au moins ?

   Tout à coup elle se lève, enlève son pyjama, prend ses seins dans ses mains.

   - Décidément ils sont trop petits…

   Puis elle tourne le dos à la glace, ses fesses sont parfaites, elles, pas un gramme de graisse, sa main descend sur son ventre plat, elle le gonfle, le prend dans ses doigts…Elle est satisfaite. Elle est presque prête.

   Longuement, devant sa glace, elle se maquille, juste ce qu’il faut, un peu de noir au coin des yeux, un peu de rouge sur les lèvres. Autour de son cou elle passe un petit médaillon d’argent, c’est un porte-bonheur. Estelle veut être sexy tout en restant nature.

Au repas elle n’avale rien, elle s’engueule avec sa mère :

   - Tu veux que j’ai l’air d’une gosse ! Mais tu m’avais promis dix heures. J’aurais l’air de quoi, moi, si tu viens me chercher à huit heures ? Et tu fais sonner mon portable, je veux pas qu’on te voie.

   A seize heures, Estelle est chez Clarisse. Hélas, Jérôme n’est pas là, il ne viendra pas.

   Quand sa copine le lui annonce, Estelle prend un air détaché, et dit :

   - Et alors, Jérôme c’est pas le centre du monde !

 

   Les actions des êtres sont semblables à des flocons de neige qui ne laissent pas de traces sur le sol. Combien de rêves, d’espoirs projetons-nous sur ceux qui nous entourent, sans qu’ils s’en aperçoivent.

Par Yiannis Lhermet - Publié dans : Silhouettes - Communauté : poésie en vrille et en vrac
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